Apnée du sommeil

Tracé
N° 45
Constructeur Microport CRM Prothèse PM Chapitre Gestion des arythmies atriales
Patient

Femme de 66 ans implantée d'un stimulateur double chambre KORA 100 DR dans le cadre d'une myocardiopathie ischémique et d'une maladie de l'oreillette; enregistrement dans les mémoires d'épisodes d'arythmie atriale et suspicion de troubles respiratoires sévères du sommeil chez une patiente non connue pour faire des troubles respiratoires nocturnes;

Tracé

Les mémoires AIDA révèlent une augmentation brutale de la charge en FA (diagnostic confirmé par les EGM enregistrés montrant une FA devenant persistante) associée à une baisse de la stimulation atriale et une augmentation en parallèle de l’index d’apnée qui devient en permanence supérieur à 20 faisant suspecter la présence d'un trouble respiratoire sévère du sommeil; 

Commentaires

Le syndrome d'apnée du sommeil représente clairement un enjeu majeur de santé publique de par sa fréquence et ses conséquences délétères. La polysomnographie demeure l’examen de référence pour diagnostiquer le syndrome d’apnée du sommeil mais est trop peu utilisée en pratique clinique; l'apnée du sommeil reste donc une pathologie souvent sous-diagnostiquée et donc non traitée. La prévalence est particulièrement élevée dans le domaine des pathologies cardio-vasculaires avec un rapport direct et bilatéral entre apnée et insuffisance cardiaque, troubles de conduction et arythmie atriale. Il parait donc évident que la population des patients porteurs d'un stimulateur cardiaque est directement concernée par ce syndrome, ce qui a été confirmé par des études montrant une prévalence pouvant dépasser 50% des patients implantés.
Les stimulateurs Microport CRM-Sorin présentent la particularité de disposer de 2 capteurs d'asservissement: un accéléromètre et un capteur de ventilation minute basé sur la mesure de l’impédance transthoracique qui comprend 2 composantes distinctes: 1) l'impédance statique en relation avec les tissus traversés, qui est mesurée au repos et en l'absence de toute respiration et de tout battement cardiaque; sa valeur est constante au cours du rythme respiratoire; cette composante n’est pas utilisée pour le calcul de la ventilation minute et est éliminée par filtrage; 2) l'impédance dynamique directement reliée à la dynamique des mouvements respiratoires ; les variations de cette impédance reproduisent les variations dynamiques du volume pulmonaire au niveau thoracique; l'analyse des variations de la période et de l’amplitude de ce signal permet le calcul de la ventilation minute qui va être utilisée pour dépister la présence de troubles de la ventilation nocturne et quantifier le nombre d'apnées et d'hypopnées.
Une évaluation périodique de l'impédance transthoracique est réalisée avec une mesure répétée toutes les 125 ms (échantillonnage de 8 Hz). Pour chaque cycle respiratoire (inspiration/expiration), l'amplitude de cette mesure varie avec les mouvements thoraciques avec enregistrement d'une valeur maximale et d'une valeur minimale ce qui permet de déterminer une période (en rapport avec la durée du cycle respiratoire) et une amplitude (différence entre valeur minimale et valeur maximale). Ces valeurs sont moyennées sur 8 cycles respiratoires. Seuls les cycles respiratoires considérés valides donc sans détection d’artéfacts ou de perturbations sont pris en compte pour le suivi des troubles respiratoires.
Un arrêt respiratoire (apnée) correspond à une période pendant le sommeil de plus de 10 secondes et de moins de 60 secondes sans cycle respiratoire. Une réduction de la ventilation (hypopnée) est caractérisée par une réduction de l'amplitude (baisse de 50% de la différence entre amplitude minimale et amplitude maximale ou baisse de 50% de la fréquence respiratoire) pendant une durée d'au moins 10 secondes. Le dispositif établit un index des événements respiratoires perturbés (RDI) qui est défini par la somme des arrêts respiratoires et des réductions de la ventilation par heures de suivi (apnées + hypopnées/heure). Un seuil de RDI supérieur à 20 suggère l'existence d'un syndrome d'apnée du sommeil sévère qui doit être confirmé par une polysomnographie. Cet index est mesuré pendant les heures définies comme les heures de sommeil (fenêtre de 5 heures consécutives avec en nominal 00h00-05h00). Quand durant la nuit, trop de cycles sont considérés comme non valides et sont exclus, l'index n'est pas mesuré (apparait en blanc sur le graphe). Le stimulateur fournit les résultats du RDI nuit par nuit sur les derniers 6 mois. Le suivi des apnées du sommeil n'est disponible que si la ventilation minute est activée; cela suppose que la fonction d'asservissement est programmée a minima sur "apprentissage" (asservissement sur ventilation minute + accéléromètre (VM+G) ou ventilation minute seule (VM)).

Message à retenir

Chez cette patiente, l'analyse des données du stimulateur a permis de suspecter un syndrome d'apnée du sommeil confirmé par une polysomnographie et de montrer la relation directe entre FA et augmentation de la sévérité des troubles du sommeil.