Absence de repli sur arythmie atriale

Tracé
N° 41
Patient
Homme de 78 ans, implanté d'un stimulateur double chambre dans le cadre d'une maladie de l'oreillette; hospitalisation pour palpitations et signes de décompensation cardiaque;
Absence de repli sur arythmie atriale
Absence de repli sur arythmie atriale
Commentaires

La prise en charge des patients porteurs d'un stimulateur cardiaque présentant des épisodes d'arythmie atriale est complexe du fait des différents types de mécanismes connus pour déclencher les arythmies atriales et du risque d'emballement de la stimulation ventriculaire sur la détection d’un rythme atrial rapide.

Le dispositif peut être programmé pour qu’il réagisse à une arythmie atriale en passant à un mode asynchrone afin d’éviter une stimulation ventriculaire à fréquence élevée pouvant compromettre la stabilité hémodynamique. La commutation de mode correspond à la capacité du stimulateur à commuter automatiquement d’un mode de suivi atrial (DDD ou VDD) vers un mode sans suivi atrial (DDI ou VDI). La fréquence de stimulation ventriculaire passe progressivement de la fréquence maximale synchrone à la fréquence asservie ou la fréquence de base. Cela évite une chute brutale de la fréquence ventriculaire. Lorsque la tachyarythmie atriale se termine, la commutation de mode renvoie au mode de stimulation synchrone programmé.

La commutation de mode est programmée en nominal et ne doit pas être déprogrammée même si le patient ne présente pas d'antécédent connu d'arythmie atriale. Chez ce patient, l'absence de repli est associée avec une stimulation ventriculaire rapide prolongée à la fréquence maximale de suivi. L'association perte de la systole auriculaire et emballement de la stimulation ventriculaire est responsable des signes de décompensation cardiaque observés.

La programmation du repli chez ce patient est nécessaire pour éviter la synchronisation ventriculaire sur l'activité atriale rapide.

Exergue
Une tachycardie électro-entrainée au niveau des ventricules, irrégulière et oscillant autour de la fréquence maximale de suivi, chez un patient implanté d'un stimulateur double chambre doit faire évoquer la survenue d'une fibrillation auriculaire et une déprogrammation ou un dysfonctionnement de l'algorithme de repli (commutation de mode).