Wolff–Parkinson–White et bloc auriculo-ventriculaire

Tracé
N° 75
Patient
Homme de 79 ans sans antécédent connu ni de notion de palpitations, hospitalisé pour multiples épisodes de lipothymies;
Wolff–Parkinson–White et bloc auriculo-ventriculaire
Wolff–Parkinson–White et bloc auriculo-ventriculaire
Commentaires

Chez un patient avec syndrome de Wolff-Parkinson-White, la conduction en rythme sinusal se fait habituellement par 2 voies différentes, le nœud auriculo-ventriculaire et le faisceau de Kent, le QRS traduisant la fusion de ces 2 activations. Cette observation documente un cas rare de bloc auriculo-ventriculaire complet sur la voie hisienne associée à un bloc du second degré sur la voie accessoire. La conduction antérograde est donc interrompue de façon paroxystique entrainant la survenue de lipothymies. Le bloc auriculo-ventriculaire complet pouvait déjà être évoqué devant l'aspect de super-Wolff sur le premier tracé ce qui est rare dans le cadre d'une voie accessoire latérale gauche. Les patients avec syndrome de Wolff–Parkinson–White se plaignent beaucoup plus de palpitations et d'épisodes de tachycardie que de problèmes de bradycardie. En effet, la voie accessoire a normalement un effet protecteur devant la survenue d'un bloc de conduction sur la voie nodo-hisienne. Devant un épisode de syncope, la survenue d'une tachycardie rapide (orthodromique, antidromique ou sur fibrillation auriculaire) est généralement suspectée. Chez ce patient, un trouble de conduction survenant sur les 2 voies était responsable des symptômes ressentis. Un stimulateur cardiaque double chambre a été implanté et les contrôles à distance ont montré un pourcentage de stimulation ventriculaire élevé témoignant de l'existence d'un trouble de conduction permanent.  

Exergue
Un patient avec voie accessoire perméable en antérograde présente un aspect de super-Wolff (pré-excitation maximale) à la suite de la survenue d'un bloc de conduction sur la voie nodo-hisienne. La voie accessoire a habituellement un effet protecteur dans ce cadre.
Wolff–Parkinson–White et bloc auriculo-ventriculaire