Dysfonction de sonde

Tracé
N° 20
Constructeur Biotronik Prothèse DAI Chapitre Surdétection
Patient

Homme de 67 ans présentant une myocardiopathie ischémique implanté d'un défibrillateur triple chambre Lumax 540 HF-T; enregistrement d'un épisode classé VF dans les mémoires du défibrillateur.

Tracé
  1. l'EGM est très évocateur d'une dysfonction de sonde avec mise en évidence au niveau du canal ventriculaire droit de cycles anarchiques en amplitude et en fréquence, à la limite du blanking programmé (80 ms);
  2. surdétection plus prolongée avec signaux non reliés aux complexes QRS;
  3. le compteur de FV est rempli;
  4. charge des condensateurs qui est interrompue à l'arrêt de la surdétection.
Commentaires

Ce tracé permet de mettre en évidence un aspect caractéristique de rupture de sonde avec surdétection de signaux anarchiques, rapides, à la limite de la période réfractaire programmée. Aux premiers stades de dysfonction, les mémoires du dispositif retrouvent habituellement de multiples épisodes de TV non soutenue sans anomalie des mesures sur sonde. Dans un second temps, on peut observer une rupture franche dans les différentes courbes d'impédance, de seuil et de détection ventriculaire droite.

Devant une suspicion de rupture de sonde, différents examens et mesures doivent être réalisés:

  1. radiographie du poumon: les anomalies radiographiques ne sont pas systématiques et un aspect typique de fracture de sonde n'est pas observé dans plus de 50% des cas;
 
  2. mesures répétées des impédances de stimulation et de défibrillation: les dernières générations de défibrillateur réalisent des mesures périodiques (quotidiennes) des impédances avec une bonne corrélation entre mesure infraliminaire et mesure réelle sur un choc haute amplitude effectivement délivré. L'existence d'une valeur anormale ou de variations importantes dans les mesures quotidiennes (rupture de la courbe d'impédance) peut révéler une dysfonction de sonde avec toutefois une sensibilité modérée. En effet, un nombre important de patients présente une dysfonction de sonde révélée par l'existence d'épisodes de surdétection sans mesure anormale d'impédance ou sans variation abrupte des valeurs. Une valeur basse d'impédance est en faveur d'une rupture d'isolant (fuite de courant), une valeur haute en faveur d'une rupture du conducteur (perte de continuité du circuit de défibrillation);
  3. évaluation des seuils de détection et de stimulation: l'altération des paramètres standards de stimulation est souvent tardive; la sensibilité d'une baisse de la détection ventriculaire ou une augmentation des seuils de stimulation pour prédire une rupture de sonde est donc très faible;
  4. l'analyse des différents électrogrammes endocavitaires: l'aspect des EGMs endocavitaires associés à une rupture de sonde est suggestif mais peu spécifique: détection intermittente de cycles cardiaques anarchiques, rapides, non physiologiques avec possible saturation des amplificateurs (rupture du conducteur) ou faible amplitude (détection de myopotentiels sur rupture d'isolant). Ces signaux présentent une variabilité importante en amplitude et en fréquence, sont intermittents dans le cycle cardiaque et sont le plus souvent enregistrés en zone de FV avec des valeurs proches de la période réfractaire ventriculaire post-détection. Ils peuvent affecter le canal de détection et/ou le canal de choc en fonction du site de fracture et peuvent ne devenir apparents qu'après un choc électrique délivré sur un véritable épisode de FV.

Chez ce patient asymptomatique, la télémédecine a permis un diagnostic précoce et ainsi permis d'éviter la survenue de thérapies inappropriées. De même, un diagnostic précoce permet d’éviter la succession de charges inappropriées qui même si elles sont déviées sont consommatrices d’énergie et peuvent réduire considérablement la durée de vie de l’appareil. L’explantation de la sonde a montré une rupture d’isolant avec frottement entre le boitier et la portion de sonde lésée.